mardi 14 février 2012

[Archives] Avant que la faucheuse ne passe...


Parait-il que la vie est courte, et que si on se laisse aller, elle peut devenir répétitive et fade. Donc je me suis réveillé avec une envie d'adolescente naïve et capricieuse, je dois être en sérieux manque de fraises. J'ai enfin écrit ma liste à moi tout seul des 100 choses à faire avant de mourir, Youpi!

Car un peu d'audace ne peut pas faire de mal. Voilà, j'ai du boulot maintenant



  1. Faire un graffiti
  2. Courir un marathon
  3. Découvrir un théorème
  4. Ecrire un roman
  5. Savoir le japonais
  6. Habiter sur un autre continent
  7. Avoir une moto
  8. Vivre un mois sans aucun contact humain
  9. Abandonner tous les biens que je ne peux pas avoir sur moi
  10. Finir en cellule
  11. Manger une espèce protégée
  12. Lire guerre et paix d’une traite
  13. Savoir danser le tango
  14. Coucher avec une inconnue
  15. Ruiner la réputation de quelqu’un en public
  16. Me baigner alors qu’il y a de l’océan à perte de vue
  17. Me battre dans un bar texan pour une jolie texane
  18. Faire exploser un gros objet tout en regardant de loin et en fumant un cigare
  19. Faire du surf
  20. Me prendre une cuite avec quelqu’un ayant du sang bleu
  21. Manger un chateaubriand dans un château brillant avant de lire Chateaubriand
  22. Boire une bouteille de vin plus chère qu’un smic
  23. Me faire élire à une élection
  24. Entretenir une relation épistolaire sentimentale
  25. Jouer d’un instrument au milieu d’un marais embrumé
  26. Apprendre l’Ukulélé
  27. Donner des cours de physique quantique
  28. Se faire passer pour un officiant religieux et célébrer une cérémonie
  29. Assister à une opération chirurgicale
  30. Affronter quelqu’un en duel à l’épée, jusqu’à la première goutte de sang
  31. Gagner un match de chess-boxing
  32. Faire une partie de go dans un bar
  33. Recevoir une claque méritée
  34. Me doucher sous une cascade
  35. Rejoindre une île à la nage qui est à plus d’1km des côtes
  36. Prendre du LSD
  37. Découvrir un scoop
  38. Expliquer un mystère via un raisonnement subtil et holmesien
  39. Manger de la cervelle
  40. Manger un animal dont j’ignorais l’existence
  41. Partir dans un pays loin moins de 24h après l’avoir décidé
  42. Peindre une fresque de plus de 10m2
  43. Vivre un événement imprévu et totalement extraordinaire et ne jamais le raconter
  44. Faire un semi-barathon (21 bars d’affilé différents avec une bière par bar)
  45. Se teindre les cheveux
  46. Sympathiser avec un irlandais en Australie ou un australien en Irlande
  47. Travailler comme barman
  48. Me réveiller et ignorer complétement la localisation de l’endroit auquel je me situe
  49. Voler un tableau
  50. Tenter de retrouver une fille dont j’ignore tout et que j’aurai entrevue furtivement
  51. Diffuser une émission pirate à la radio
  52. Refuser un prix
  53. Souper avec un chef d’état
  54. Manger un animal que j’ai tué moi-même
  55. Aller à une soirée retro célébrant une époque antérieur à la seconde guerre mondiale
  56. Sauter dans l’eau tout habillé
  57. Manger en public avec les mains, comme un barbare, sans aucune civilité
  58. Sortir travesti et passer une soirée sans que quiconque ne réalise la supercherie
  59. Jouer aux échecs avec le capitaine d’un bateau, sur son bateau en pleine mer
  60. Réussir à sabrer du champagne
  61. Rester coincé dans un lieu isolé et perdu pendant une semaine
  62. Revoir quelqu’un perdu de vue depuis plus de 10 ans
  63. Enregistrer une chanson
  64. Frapper dans un gong
  65. Faire une cartographie heuristique démesurément grande
  66. Faire une bataille de boules de neige en été
  67. Casser un objet sous le coup de la colère
  68. Se faire passer pour handicapé afin d’éviter une file d’attente
  69. Gagner un concours auquel je me serait inscrit de manière imprévu
  70. Dormir sur un tatami, un waterbed et un hamac
  71. Remonter le moral d’un inconnu
  72. Ecrire un Dazibao
  73. Acheter une place de cinéma sans connaitre le film à l’affiche
  74. Attraper une chauve-souris
  75. Avoir de multiples diplômes d’écoles supérieures
  76. Tirer un coup de feu dans un lieu absolument pas prévu pour
  77. Faire un voyage en canoë
  78. Rencontrer une tribu primitive
  79. Provoquer un petit incendie
  80. Avoir une chaise longue LC4 du Corbusier
  81. Parvenir à arrêter totalement de regarder la télévision
  82. Vider une bouteille d’alcool fort à deux, cuver et dormir sur la plage d’une île déserte
  83. Avoir une compétence méconnue apprise en autodidacte, sans que personne ne le sache
  84. Rester pendant 24 heures d’affilés en méditation
  85. Fabriquer une invention
  86. Travailler avec des rollers
  87. Porter des lunettes de soleil, un short et une chemise hawaïenne à une cérémonie officielle guindée ou le protocole est de rigueur
  88. Posséder un véritable crâne humain
  89. Apprendre à parfaire l’esthétisme de ses rêves
  90. Organiser une soirée sur le toit d’un gratte-ciel
  91. Porter un haut de forme
  92. Parier plus d’un smic au poker et gagner, afin de pouvoir faire 22)
  93. Tester divers modes de massage
  94. Créer un parfum
  95. Avoir une demeure les pieds dans l’eau
  96. Entarter quelqu’un
  97. Avoir un perroquet
  98. Assister au burning-man
  99. Gagner de l’argent en bourse
  100. Publier un essai
  101. Et trouver d’autres idées originales

lundi 6 février 2012

[Archives] L’horreur ancestral de la page vierge

Ecrire n’est pas une activité comme les autres. C’est le langage qui nous sépare de la vie inconsciente et insouciante des bêtes. L’homme parle, s’exprime inévitablement, se crée et se définit, s’il se veut homme. Je sais que beaucoup tentent d’évacuer le fardeau d’être homme, ils s’amputent volontairement de la capacité de choisir, de se créer. Ainsi, ils espèrent échapper au seul jugement qui importe, le leur propre, et dans l’attente de leur propre mort ils évitent les miroirs, toute expression trop libre qui les révélerait à eux-mêmes. Il vaut mieux se conditionner, s’automatiser dans le moindre geste, se laisser guider par les signes du monde extérieur sans réfléchir que de ressentir les vertiges et l’angoisse de la liberté. Car tant que nous ne laissons aucune trace authentique de nous-même, tant que nous laissons la page de notre vie vierge, nous gardons l’ensemble des possibles ouverts. Tant que nous restons personne, nous pouvons toujours devenir n’importe qui. Et au premier mot écrit, c’est notre âme que nous mettons en jeu, que nous définissons et arrêtons irrémédiablement. Car celui qui écrit vraiment, qui ne fait pas que recopier, écrit toujours avec ses tripes et non avec son cerveau. Et il est bien plus impudique de montrer ses tripes que son sexe. Le sexe n’est jamais qu’une infime partie de notre être. Nos tripes par contre, c’est ce que nous faisons de notre être, dans quoi nous engageons notre corps et notre âme, ce pauvre rêve idiot pour lequel nous sommes prêts à continuer de survivre.
Le fondement des dictatures ne vient pas du sadisme et de l’instinct de cruauté, hélas, bien au contraire ! Trop de gens sont prêt à sacrifier leur liberté plutôt que de se risquer à devoir s’en servir. Le délice d’obéir, est malheureusement le plus ancré et le plus dangereux des sentiments humains. C’est en vous obéissant que les autres vous transforment peu à peu en esclave. Car nous sommes tous enclins naturellement à fuir, au plus vite, au plus loin de soi-même. Et celui qui doit diriger, ne serait-ce que soi-même se condamne à devoir se voir en face, dans la pureté effroyable de la lucidité. Sommes-nous vraiment adapté pour vivre éternellement sous notre regard, coincé avec nous-même dans le vestibule de notre conscience ? N’est-il pas plus sage de se laisser guider et divertir par nos maitres : cette émission de télévision, ce papillon voletant ou la beauté hypnotique du bout du bar ? Mais si rien n’est plus doux que d’opiner du chef face aux vapeurs alanguissantes, rien n’est plus traître aussi. Le doux charme de s’abandonner à l’oubli de soi risque de nous empêcher totalement de se retrouver.
Voilà pourquoi avant que d’offrir démocratie et liberté au peuple souverain du monde, il faudrait donner aux individus le goût et le talent d’être libre. Car faire ce que l’on veut est la chose la plus difficile à faire, chose que nous tentons tous d’éviter à tout prix. Trop peu sont capable d’être libre même si tous ont la possibilité de l’être. Pourquoi avoir le courage de se réaliser, alors que la fête et l’alcool nous soulage de la douleur de vivre ? Pourquoi chercher à vivre mieux alors qu’il est si simple de s’oublier dans l’altruisme ? Nous sommes d’ailleurs si incapables et si peu habitués de faire ce que l’on veut, que nous ignorons même le plus souvent ce que nous voulons. Que voulez-vous vraiment ? Un indice, la réponse est ce que vous n’arrivez même plus à envisager, le point mort vers lequel votre esprit est incapable de se tourner, ce désir ineffable qui vous hante. Mais je vous laisse chercher par vous-mêmes. Et lancez-vous, car parfois, faire ce que l’on veut peut être aussi la chose la plus facile à faire.
Alors, que voulez-vous vraiment ?