1947, la seconde guerre mondiale vient de se terminer, Antonin Artaud vient de sortir de l'asile de Rodez où il a subit de sévères et nombreux électrochocs. Ce poète de la chair et des nerfs se voit proposer d'enregistrer une émission radiophonique.
L'émission sera bien entendu, dans la chape de plomb de l'après guerre, censurée. Que ce soit l'atmosphère horrifique et étrange de la voix d'Artaud, son discours sur la modernité aliénante et denaturalisante, ou ses critiques des puissances productivistes, militaires et techniques, rien ne pouvait convenir à l'esprit de l'époque.
Mais aujourd'hui, 70 ans plus tard, cet "ovni radiophonique" reste une des contestations les plus puissantes et énergisantes qui soit, capable de faire ressentir la cruauté du monde à l'épiderme et à l'esprit. Car comme dirait Artaud :
"Nous avons moins besoin d'adeptes actifs que d'adeptes bouleversés"
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